Les abus et dérives liés au financement participatif

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Si le crowdfunding se développe aujourd’hui partout à travers le monde, ce phénomène nouveau fait aussi l’objet d’un vide juridique. Or, cette carence réglementaire n’est pas favorable à l’expansion de ce phénomène. Cela encourage en effet, les dérives et abus entrainant la méfiance d’un grand nombre de personnes. Attirant un public de plus en plus vaste, le crowdfunding a donné lieu à de nombreuses arnaques. Bien au-delà des arnaques, il faut également s’attarder sur le comportement des porteurs de projets qui souhaitent obtenir des fonds. En effet, une fois les fonds rassemblés, ceux-ci semblent parfois oublier que c’est grâce aux apports de nombreux particuliers que leur projet est réalisable. Si le crowdfunding est basé sur la générosité, cette dernière ne semble pourtant exister que dans un sens. Comment s’assurer qu’une fois que la collecte atteint son objectif, le lanceur de projet en fasse bon usage ?

Des arnaques persistent malgré les filtres mis en place par les plateformes

Depuis son lancement, le financement participatif a donné lieu à des campagnes qui ont viré au cauchemar. C’est notamment le cas d’une campagne lancée en 2012 par Erik Chevalier sur Kickstarter. Cette campagne a largement dépassé les objectifs fixés puisque le porteur de projet a récolté 122 874 dollars contre les 35 000 espérés au départ. Toutefois, Erik Chevalier est resté très évasif quant à l’avancée de son projet de jeu. En 2013, il publie un message intitulé « Terminus » sur la page Kickstarter de son projet «

Ce n’est pas facile à écrire.
Pour faire court : le projet est terminé, le jeu est annulé ». Après de multiples commentaires appelant au remboursement, le fondateur n’a jamais donné de réponse. C’est finalement l’agence fédérale américaine spécialisée dans la protection des consommateurs qui a condamné Erik Chevalier à rembourser l’argent perçu. Il semblerait que l’argent récolté grâce au financement participatif ait été utilisé par Erik Chevalier pour régler ses loyers et frais de déménagement.

Une autre arnaque a aussi fait du bruit dans le domaine du crowdfunding. Il s’agit du projet UbuTab provenant de la plateforme Indiegogo. Ce projet proposait le lancement d’une tablette numérique pouvant contenir jusqu’à 2 teras de mémoire. Or, cet objet n’a jamais vu le jour. Les motifs invoqués étaient les suivants : des problèmes avec les douanes en Pologne, là où devaient être fabriquées les tablettes, ainsi que la qualité des produits non conforme aux exigences du porteur de projet. Si la faible somme demandée de 36 000 dollars pouvait paraitre dérisoire pour ce type de projet, 152 personnes se sont pourtant faites piéger.

Si ce scandale remet en cause la sécurité sur les sites de crowdfunding en France, elle interroge davantage sur la base de ce mécanisme qui est la solidarité.

Des particuliers qui investissent sans retour via le financement participatif

La fraude liée au crowdfunding aurait pour l’instant largement épargné la France mais les nombreuses dérives dans ce domaine nécessitent sans aucun doute un renforcement de la réglementation. Un décret est entré en vigueur en 2014 pour poser les grandes mesures en faveur d’une meilleure information du contributeur. Ainsi, ce dernier doit être averti de manière plus claire des risques qu’il encourt par les plateformes de crowdfunding. L’investissement est également limité à 1 000 € par personne et par projet. Pour consolider la transparence et la confiance dans ce domaine, le secteur des assurances s’est immiscé dans l’univers du financement participatif. Cela consiste par exemple à offrir une assurance crédit pour les investisseurs afin de garantir contre les défauts de paiement sur les plateformes.

Le nombre important d’arnaques et de fraudes amènerait les particuliers à devenir de plus en plus méfiants envers le financement participatif. De plus, certains porteurs de projet après l’atteinte du montant collecté, n’informent pas les investisseurs de l’avancée du projet. Ainsi, le crowdfunding qui repose sur la solidarité et la transparence se transforme davantage en une simple demande de fonds ne faisant l’objet d’aucun retour envers les particuliers investisseurs.

Finalement, derrière le succès qu’affiche le financement participatif, certains points restent toutefois méconnus ou cachés par l’ampleur que prend le phénomène. A l’avenir, les porteurs de projets seront peut-être davantage reconnaissants envers les investisseurs, notamment en les informant de l’évolution de leur projet. Car il ne faut pas oublier que sans investisseur, le projet n’aurait pas pu être réalisé.

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