Quand les banques pervertissent le monde du crowdfunding

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Marre des faux semblants de la part de certains acteurs du crowdfunding qui sont prêt à nous faire prendre des vessies pour des lanternes !

Il y a un an et demi, nous évoquions, dans un de nos billets, l’arrivée massive des banques dans l’univers du crowdfunding et de l’impact que cela pourrait avoir sur ce mode très spécifique de financement participatif.

18 mois plus tard, force est de constater, que certains de ces « nouveaux entrants » n’ont aucun scrupule à battre en brèche certaines valeurs pour trouver leur place dans cet écosystème.
Petite preuve par l’exemple…

De la plateforme hypra locale… au Luxembourg

Au départ l’idée est séduisante…

Le lancement d’une plateforme de financement participatif régionale (www.kengo.bzh) pour valoriser les porteurs de projets d’un territoire avec des financements issus du même territoire. La liste des projets également avec des campagnes pour la culture, le sport, l’économie avec des niveaux de financement très différents selon les projets. Jusque-là rien à redire, l’ensemble est propre, structuré et valorisant !

Pourtant, lorsque l’on creuse un peu, cela commence à nous gêner aux entournures !

Le responsable de la plateforme est directement issu du sérail et dispose d’une expérience plus qu’impressionnante dans le domaine bancaire. Plus étonnant, c’est justement cette banque qui supporte le financement de la plateforme, opportunité que nombre de nos confrères n’ont jamais eu ! Le fil semble un peu gros mais passons… et intéressons-nous aux modalités de paiement sur cette plateforme.

Et là, on s’aperçoit que le paiement est fléché vers une application, propriété de la banque précédemment citée et hébergée au Luxembourg (mangopay). Drôle de choix pour une plateforme que se veut hypra locale et vante les mérites d’une économie de proximité et de la création de valeur sur le territoire. Plus embêtant encore lorsque l’on se remémore les impacts récents du Lux leaks.

Et la transparence dans tout ça ?

L’univers du crowdfunding évolue, de nouveaux acteurs y entrent, d’autres en sortent et cela est parfaitement normal. Cependant, il est pour nous difficile à accepter que les règles du jeu ne soient pas les mêmes pour tous. Au départ, lorsqu’ecobole s’est créé, nous n’avons pu disposer d’aucun financement, les banques jugeant notre projet « irréaliste » et sans potentiel.

Aujourd’hui, la majorité des banques françaises se sont lancées dans le financement participatif pour réussir à capter de nouveau les flux financiers qu’elles ne maitrisaient plus de manière traditionnelle. Pour cela, certaines ont investi des sommes importantes pour développer des partenariats avec des acteurs en place, d’autres préfèrent le faire de manière moins transparente.

Pour ecobole, il s’agit d‘une concurrence ultra déloyale, les banques disposant de capitaux importants – souvent ceux des sociétés telles que les nôtres – qui leur permettent de récupérer un système dans lequel elles ne croyaient pas au départ. D’un côté elles investissent fortement dans le crowdfunding et de l’autre elles refusent de soutenir les petites plateformes à l’origine du mouvement.

Qu’elles aient au moins le courage de l’assumer au lieu de jouer un double jeu bien loin des valeurs portées par l’ensemble de notre profession !

3 Commentaires

  1. Emmanuel, faisons confiance à l’intelligence de la foule qui finira par faire le tri entre les plateformes ‘sincères’ comme Ecobole et celles cherchant de manière détournée à vendre des produits financiers. A mon sens c’est un mauvais calcul que de penser que les internautes seront dupes.
    Michel

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